Rendez-vous
avec Mathieu Laine
Une rencontre dans le cadre du cycle des « Conversations d’Agnès », événement culturel depuis 2016 à l’Hôtel de Paris Saint-Tropez.
Mathieu Laine : « En Amour, je me donne pleinement »
« En Amour, je me donne pleinement, c’est là ma liberté ! » En une phrase, deux mots donnent le ton de notre conversation avec Mathieu Laine, entrepreneur et essayiste : Amour et Liberté. De l’amour, il en reçoit et en donne tous azimuts : à sa famille recomposée avec la discrète Alix Laine et leurs six enfants âgés de sept à vingt ans ! À son grand et merveilleux ami, le pianiste Karol Beffa, avec lequel il écrit des contes musicaux qui enchantent Les Nuits du Château de la Moutte, comme Le Roi qui n’aimait pas la musique ou encore Le Roi qui aimait Joséphine. Sans parler du grand projet d’opéra qu’ils écrivent ensemble et que les deux amis devraient nous dévoiler l’an prochain.
De la liberté, il a d’abord fait un Dictionnaire amoureux de la liberté, paru chez Plon en 2016, puis un essai intitulé Il faut sauver le monde libre, paru en 2019, pour nous revenir avec un nouvel opus vibrant, lyrique et singulier : Les Saisons de la Liberté (Grasset), dont ses enfants lui disent : « C’est ton testament littéraire, Papa. » Un peu jeune pour un testament — même littéraire — car Mathieu est né en 1975, mais il est fort probable que cet ouvrage soit promis à la traversée du temps par son sujet lui-même : les invariants de la nature humaine et les cycles de l’histoire qui, comme tout cycle, se répètent et menacent de nous plonger dans un hiver glacial. Car, selon l’auteur, nous avons à nouveau trahi la liberté, la première des valeurs.
Mais aussi parce qu’il est une balade au cœur des curiosités de ce quinqua aux nuits courtes. Et Dieu sait si elles sont multiples, érudites, gourmandes.
Au point qu’on puisse se demander si, plutôt que d’un testament littéraire, il ne s’agisse pas d’un testament d’essayiste, tant il est vrai que derrière le tempérament de ce Bélier ascendant Bélier grondent des blessures secrètes. Terreau fertile de l’écriture. La vraie. Celle qui lui permettra de se dire écrivain. Et de sauter à pieds joints dans la création.
« Dans la création artistique, le roman n’a pas d’égal », écrit-il en ouverture du livre qui rend hommage aux textes qui sont devenus ses fondamentaux : La Compagnie des voyants, paru chez Grasset en 2023.
L’écriture, « élément vital » de son existence, dit-il. « Ce qui le nourrit le plus », dit-il encore. Ce qui rend ce premier de la classe (mention très bien au bac, Sciences-Po, le barreau, l’irrésistible ascension sociale, l’ami de Macron, etc.) attachant et tendrement complexe.
Cette complexité, elle est sans doute à chercher dans ses origines provinciales (il vient de Saint-Omer) et dans l’histoire de ses deux grands-pères adorés : l’un destiné à devenir mineur, l’autre meunier, et qui se sont « arrachés au destin » pour devenir de grands médecins. Et des modèles.
Mais elle est aussi à saisir dans un drame familial, la mort d’un jeune frère, alors que Mathieu avait 36 ans.
Ce qui a fait peser sur cette tête bien faite, mais déjà dégarnie, « une exigence plus grande encore de ce que j’allais faire de ma vie ».
À le regarder, ils s’habitueront…
Agnès Bouquet
Réservation obligatoire. Merci de bien vouloir confirmer votre présence en écrivant à agnesbouquet75@gmail.com.
Rendez-vous
avec Mathieu Laine
Informations
- Samedi 8 août 2026
- À partir de 19h30