Rendez-vous
avec Claire-Marie Le Guay

Une rencontre dans le cadre du cycle des « Conversations d’Agnès », événement culturel depuis 2016 à l’Hôtel de Paris Saint-Tropez.

Claire-Marie Le Guay : « En art, ce qui compte, c’est la rencontre ».

Claire-Marie Le Guay mène une double vie. Sacrée, profane. Sa vie profane est sa vie de femme, de mère, de fille, de sœur, de Parisienne qui court les musées avec ses trois enfants (deux garçons et une fille de 24, 21 et 15 ans !), se balade dans son quartier, la Nouvelle Athènes, où elle retrouve ses fantômes chéris : Chopin, Liszt, Berlioz, Nadia Boulanger, et ses vivants comme le compositeur Pascal Dusapin, se félicitant de vivre dans un quartier à haute densité culturelle, passée ou présente… Sa vie sacrée est sa vie de pianiste, ses cinquante concerts par an, ses festivals, ses moments d’absence — « un artiste, c’est toujours absent même quand c’est présent » — ses moments d’élévation et de transcendance quand elle retrouve celui qui partage sa vie depuis 48 ans : son piano.

Un corps-à-corps qui a commencé dès l’âge de 4 ans, s’est intensifié à 10 ans avec trois heures de piano par jour et s’est confirmé à 14 ans avec une entrée remarquable au Conservatoire de Paris, suivie d’un début de vie professionnelle à 15 ans ! Vie professionnelle, vie d’artiste, vie sacrée couronnée de succès, elle remporte de nombreux concours et plusieurs Victoires de la musique, travaille avec les plus grands dont l’immense chef d’orchestre Daniel Barenboim, mais aussi celui qu’elle appelle l’Homme-Musique, le génial Thierry Escaich.

Si la musique est venue dans sa vie comme un appel, l’écriture a toujours été là, tapie, et il a fallu la rencontre avec un éditeur pour que naisse un premier livre, La vie est plus belle en musique (Flammarion), puis un deuxième (avec un autre éditeur), C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière (Albin Michel), et enfin un troisième : Que la joie demeure, né de sa rencontre avec Erik Orsenna lors d’une émission hommage à Bernard Pivot, en 2021.

L’écrivain, sous le charme de la pianiste, lui lança : « J’aime les musiciens, si je peux faire quelque chose pour vous… ». Ce fut chose faite. L’académicien rédigea d’abord la préface du second livre de Claire-Marie, puis naquit ce livre à quatre mains qui rend hommage à Bach et se présente comme un dialogue croisé à destination du lecteur. Il met en garde : « Quand Bach est entré en vous, il ne vous quittera plus ».

« En art, ce qui compte, c’est la rencontre ; elle n’est pas la même pour tout le monde, et le moment où cette rencontre est possible est toujours mystérieux », explique Claire-Marie, qui dit que pour aimer la musique (classique), il faut commencer par accepter de ne pas l’aimer ! La musique classique impressionne, elle le sait, et c’est sans doute pour cela que cette passeuse met tant de délicate énergie à nous embarquer dans sa vallée.

Cette vallée de notes qui infuse sa vie, cette vallée de notes qui la porte et nous transporte. Cette vallée de notes qui trouvera son estuaire à Saint-Tropez, le temps d’une escale à l’Hôtel de Paris Saint-Tropez, où nous accueillerons cette femme à la fois terrienne (elle se ressource dans les forêts) et auratique (une poussière d’or miroite autour de son visage) qui circule entre deux mondes, traçant une ligne éminemment lumineuse.

Pour notre plus grand bonheur.

Agnès Bouquet

Réservation obligatoire. Merci de bien vouloir confirmer votre présence en écrivant à agnesbouquet75@gmail.com.

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