Rendez-vous
avec Dominique Tapie

Une rencontre dans le cadre du cycle des « Conversations d’Agnès », événement culturel depuis 2016 à l’Hôtel de Paris Saint-Tropez.

Saint-Tropez, le 16 juillet 2023

Dominique Tapie : Retour aux sources.

Dominique Tapie adore Saint-Tropez et Saint-Tropez l’adore, c’est donc avec joie que nous attendons l’arrivée de Dominique Tapie, fraichement descendue dans un petit hôtel du Lavandou où elle coule des jours tranquilles, prenant son premier bain de mer à sept heures du matin et nous proposant une interview à huit heures, la belle heure pour les gens qui se lèvent tôt. Et ont la pensée claire, comme celle qui a posé ses propres mots sur une histoire d’amour de cinquante deux ans avec un homme hors du commun : Bernard Tapie.

Son livre: «Bernard, la fureur de vivre» (L’Observatoire) est un livre haletant (comme la vie des protagonistes), émouvant (comme le sont les protagonistes) et sincère à l’image de celle qui avertit : «Je déteste le mensonge». Carrée, directe et douce, elle se définit non pas comme la femme de l’ombre mais comme «la femme qui guettait dans l’ombre».
Protectrice et vigilante, passionnée et indomptable elle aussi. Un lion, une lionne. Un extraverti, une
discrète. Une belle gueule, une allure. Un sourire, un deuxième sourire. Et un regard tourné dans la même direction, ou presque : elle voyait loin, il voyait haut. Peut-être aurait-il du ajuster son regard sur celui de sa femme pour éviter de s’approcher trop près de ce qui allait le brûler : La politique.
Entre autres. Mais Bernard n’avait pas de limite, c’était un homme, un vrai, mais aussi un enfant qui s’arrangeait avec la réalité, et déclarait bravache : «On ne va pas se laisser emmerder par des problèmes d’argent !»… Non, évidemment, à l’échelle d’une vie, il y a plus grave. Non, évidemment, quand on est un artiste, on ne compte pas.

De toutes façons, Dominique avait choisi : entre Alain, le plan plan-plan et Bernard le Conquérant, son cœur s’était prononcé. Pour le meilleur et pour le pire. Mais aussi pour l’essentiel. Elle confie : «J’aimais que mon mari aie du talent, mais encore plus du cœur». Et du cœur ll en avait. Un cœur grand comme ça avec ses enfants, ses parents, ses amis, ses chiens, ses maisons, son jardin, sa commode XVIIIème, son bateau, ses joueurs, ses collaborateurs, ses marins, tous ceux qui de près
ou de loin ont fait un bout de route avec lui, construit avec lui, gagné avec lui. Perdu parfois.

Vécu incontestablement. Vécu incroyablement.
«Tout ce que j’ai fait c’était pour t’épater, être à la hauteur».

Dominique n’en demandait sans doute pas tant, mais l’aurait-elle aimé autrement ? Non, parce que c’était elle, parce c’était lui.

Agnès Bouquet

« Bernard, la fureur de vivre », Dominique Tapie, Éditions de l’Observatoire.

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